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lundi 6 juin 2011

"Au risque de me perdre "« La Pesanteur et la Grâce »




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Le texte  qui  suit  est  l e produit très élaboré  d' un haut commissaire  de cette exposition puisque  il s'agit de  Monsieur Eric  de Chassey soi-même, successeur  de  Mr  F.Mitterand à la VillaMedicis  à Rome.
Au  risque de me perdre,  sachez  que je n 'ai pas comme , il est dit   plus bas , par  ce  présentateur inspiré ,  je n 'ai  pas  vu  "ces oeuvres  donner  leur  maximum",en revanche trouvé son discours  galimatieux , mais  ça  aussi   , au risque  de me perdre  ©Luce Caggini


L'exposition« La Pesanteur et la Grâce » présente le travail de cinq artistes internationaux : Marthe Wéry, Callum Innes, GeorgesTony Stoll, Emmanuel Van der Meulen et Emanuele Becheri.
Tous ont choisi l'abstraction comme logique de non-représentation: leurs oeuvres ne sont pas déterminées par avance, mais naissentde la manipulation des matériaux bruts.Elles sont le résultat  final d'une situation où l'artiste a abandonné ses savoir-faire,pour laisser aux matériaux eux-mêmes le premier rôle.
Peinture, construction, sculpture, chaque oeuvre proposée aupublic procède ainsi, selon ses modalités propres, de la conscienceque la grâce ne s’atteint pas par une volonté héroïque mais parla soumission humble aux nécessités de la pesanteur. Pour le direavec les mots de la philosophe Simone Weil - dont un ouvrage ainspiré le titre de l’exposition - «Monter en abaissant. Il nenous est peut-être donné de monter qu’ainsi».

Matérialitéet spiritualité.

Si le titre de l’exposition est emprunté à une collectionposthume des oeuvres de Simone Weil, c’est bien parce que lesoeuvres des artistes rassemblés procèdent toutes, chacune selon sesmodalités propres, de la conscience que la grâce ne s’atteintpas par une volonté héroïque mais par la soumission humble auxnécessités de la pesanteur. Ce que Simone Weil appelait« l’effet de levier » : « Monter en abaissant. Il nenous est peut-être donné de monter qu’ainsi ».
L’exposition « La Pesanteur et la Grâce » rassemble en effet,des artistes qui créent des oeuvres induisant un état spirituelchez ceux qui les reçoivent. Le caractère spiritualisant desoeuvres tient au fait que les images créées ne sont pasdéterminées par avance mais naissent de la manipulation desmatériaux bruts pour provoquer un effet sur le spectateur, le faireaccéder à la dimension spirituelle sans l’avoir par avancedéterminé.
Il s’agit pour eux de poser devant le spectateur une matérialité  élémentaire, très élémentaire, et de donner à sentir l’oeuvreen cours, la création à venir. Pour tous, le contenu se dévoile,s’ouvre dans la fabrication elle-même, une fabrication quin’implique pas de savoir-faire mais une espèce de dépossession,de déprise de la maîtrise, d’abondon, de manière à se mettre enretrait pour que ce soient les oeuvres elles-mêmes qui se fassent,comme si elles pouvaient se faire d’elles-mêmes.

« Ce  qui reste à voir c’est ce moment très précis, très fragile,très difficile à saisir, où la création se met à exister ; ce  moment très précis et très fragile où l’on   passe de rien du tout à quelque chose qui n’est pas encore défini,quelque chose qui n’est pas encore grand-chose, mais qui est juste  ce moment ce basculement ».
Éricde Chassey.
Toutes les traditions spirituelles mettent l’accent sur le fait que le  fondement de l’exercice spirituel repose sur la capacité à sentir ce moment du passage du rien à quelque chose.

Voici ce que quelques lecteurs ont bien voulu ajouter .
Que pensez-vous du taoïsme ?
.


Cher  Monsieur, 
Donnez moi  le temps  de mettre  mon armure et  m' exposer .


Curieuse ou vicieuse façon de détourner le titre de Simone Weil ! Reste à commenter, en rapport avec cette ambition, ces mots de la philosophe, dans l'ouvrage cité : "Ce qu'on attend des autres est déterminé par les effets de la pesanteur en nous; ce qu'on reçoit est déterminé par les effets de la pesanteur en eux. Parfois cela coïncide (par hasard), souvent non."
Eux, ici, selon Eric de Chassey : c'est-à-dire les artistes ?
Alors, opportuniste ou vicieux détournement ?
Et si c'était plutôt une curieuse façon de dresser le spectateur ?
Dresser, dressage ? Simone Weil, chapitre Dressage, justement :
"Il faut accomplir le possible pour toucher l'impossible. L'exercice correct (...) des facultés naturelles de volonté, d'amour et de connaissance est exactement à l'égard des réalités spirituelles ce qu'est le mouvement du corps par rapport à la perception des objets sensisbles. Un paralysé ne perçoit pas."
Ceci est à l'intention de monsieur le Commissaire de l'exposition...


Cher Apatridem,
Monsieur de Chassey,Ancienélève de l’Ecole Normale Supérieure (rue d’Ulm)est savant .Il sait beaucoup. Il écri t beaucoup. Il parle beaucoup.
D’ une part je ne veux pas me transformer en fedayn des peintres choisis par lui . D’autre part , Il me faudra une vie pour arriver à amorcer la première ombre d’ un pas sur les traces de cet être exceptionnel que fut Simone Weil.
Très schématiquement ,pour ne pas peser ,je te dirai , en un coup de spatule inspiré:
I l  faudrait «  l ‘amitié du ciel »pour que ce trait-là ait l ‘ envol et la grâce d’ une pensée de Simone Weil. Paralysée comme  je  le suis. Mais cela ne doit pas être enseigné dans les grandes écoles.
À bientôt,Amitié.


.
"J'ai, moi aussi, une espèce de certitude intérieure croissante qu'il se trouve en moi un dépôt d'or pur qui est à transmettre. Seulement, l'expérience et l'observation de mes contemporains me persuadent de plus en plus qu'il n'y a personne pour le recevoir".
.Simone Weil 

Erreur , peut -être .


Il me semble que tu pointes l'extrême difficulté de parler "sur" des oeuvres ; pas facile de parler "de dépossession,de déprise de la maîtrise, d’abandon, de manière à se
mettre en retrait" ...
 
Je n'ai pas beaucoup apprécié ce texte, je suis peut 
être sévère mais je l'ai trouvé banal (sans doute le 
thème du "lâcher-prise" est-il à ce jour trop cliché 
- l'enjeu étant non de "le" dire mais de le tenter du 
fond de soi !)
Si l'expo dure assez longtemps, j'irai.


 Luce Caggini

Quand  le discours démarre  sur

" poser devant le spectateur une matérialité 

 élémentaire, très élémentaire, et de donner à 


sentir l’oeuvre en cours, la création à venir.  "

J'appréhende la suite, et la suite  vint en la  "une 

espèce de dépossession,de déprise de la maîtrise

, " des mots sans  chair , quand  on sait la 


 correspondance  des plus grands , artistes , 
musiciens  , interprètes  qui n ' ont connu
que la  méditation , l'angoisse, le vide   jusqu ' au ici 

de  pen   se  à Rothko  . Celui  là  ne me fait même 

pas rire .Le  dépouillement , l 'acharnement contre 

un luxe , une débauche  du savoir  -faire .La 

 condition  essentielle .




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